Exposition : GUSTAVO PÉREZ / MATA ORTIZ « REGARDS CROISÉS »

Exposition : GUSTAVO PÉREZ / MATA ORTIZ « REGARDS CROISÉS »

ENSA Limoges
Publicado el 16 de enero de 2014.

Pour la première fois en Europe, une exposition collective a présenté des pièces céramique en grès de vingt-quatre artisans du village mexicain de Mata Ortiz, confrontées dans un échange stylistique avec une vingtaine de pièces réalisées sur place selon les techniques traditionnelles, par l’artiste céramiste mexicain de renommée internationale Gustavo Pérez.

Exposition : Gustavo Pérez, céramiste mexicain, à l’ENSA de Limoges
lamontagne.fr
Marie-Noëlle Robert

Invité dans le cadre des manifestations du 130 e anniversaire de l’École, l’artiste mexicain présente ses ‘uvres en regard de celles de potiers traditionnels de son pays natal.

Inscrite dans la programmation nationale consacrée à l’année du Mexique – annulée pour les motifs politiques que l’on sait – cette exposition n’a dû sa survie qu’à l’obstination d’un mécène qui, refusant de céder aux pressions, a financé le transport des pièces. Et elle est la seule manifestation rescapée de ce grand rendez-vous manqué !

La scénographie en est simplissime, mais éloquente. Deux grandes banques de 15 m chacune se font face. Sur l’une, 25 créations de Gustavo Pérez, sur l’autre, 23 pièces réalisées par des potiers du village de Mata-Ortiz, au nord du Mexique. Là travaillent une centaine d’artisans, produisant en quantité des pièces décoratives d’une très grande fragilité et parfois d’une grande audace de formes, selon une technique sauvegardée par Juan Quesada il y a un demi-siècle. Gustavo Pérez présente leur travail en regard du sien, ici représenté par des pièces – vases, vasques, pots, sculptures, – aux formes presque banales, utilitaires.
Équilibre et élégance

Céramiste depuis quarante ans, l’artiste – qui vit régulièrement en France depuis une trentaine d’années – a développé ses propres techniques au fil du temps, à partir de la traditionnelle pratique de la poterie au tour. Il aime à dire qu’il n’a eu ni maître ni influences et pose le principe « qu’il faut trouver une définition, un langage personnel avec la terre ».

Sa marque de fabrique ? Des entailles, pratiquées en surface, découvertes par accident il y a 20 ans, explique-t-il, qui confèrent à ses pièces, au graphisme aussi épuré que les couleurs sont sobres, une sorte de légèreté que l’on dirait venue d’un souffle. Une “géométrie sensible” de lignes tendues, équilibrées, à l’élégance naturelle. Ce geste qui porte ses créations, Gustavo Pérez l’illustre d’un simple mot tiré d’un poème de Rielke, « la terre demande beaucoup d’amour. »

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